La Mairie
Vie pratique
Associations
Monuments
Histoire
Bois - Randonnée
Stèle Hommage aux Canadiens
3 victoria cross décernées à Bourlon le 27 septembre 1918 :
 


  
 
 
 
I. Captain GRAHAM THOMSON LYALL 
 


 
 
 
1. Inauguration de la stèle 
6 septembre 2008 : une stèle, à proximité du Monument aux morts, rend hommage au Lieutenant Graham Thomson LYALL du British Columbia Regiment(Canada) qui avait participé à la libération de Bourlon en septembre 1918. Il s’y était particulièrement distingué et avait été récompensé par la Victoria Cross. 
 
2. Historique (Source : Fondation du Patrimoine Ontarien – 2005) 
Graham Thomson LYALL est né à Chorlton, au nord de Manchester, en Angleterre, le 8 mars 1892. Il était le fils du pasteur Robert Henry Lyall et d’Agnes Lisette Wells de Darwen, dans le Lancashire. À la fin de ses études secondaires à la Nelson Secondary School, en 1907, il s’inscrivit dans une école technique de Portsmouth. À la fin de sa formation, en 1911, G.T. Lyall tenta de s’enrôler dans la Royal Navy, mais échoua à l’examen médical.  
 
Il émigra au Canada en 1911, et s’installa à Welland où il travailla pour les Canadian Steel Foundries. L’année suivante, il déménagea à Chippawa pour travailler pour la Canadian Niagara Power Company, qui produisait de l’hydroélectricité à partir des chutes du Niagara. Il déménagea alors à Niagara Falls.  
 
Trois jours après le début de la Première Guerre mondiale, G.T. LYALL démissionna de son poste à la Canadian Niagara Power Company et rejoignit le 19ème Régiment « Lincoln », à St. Catharines. Il fut admis au service actif dans la Welland Canal Force, qui était chargée de défendre des points vitaux le long du canal Welland, des installations hydro-électriques de Niagara, des monuments de Queenston et de Brock, ainsi que des ponts internationaux entre le Canada et les États-Unis.  
 
Le 28 septembre 1915, G.T. Lyall rejoignit le 81ème Bataillon du Corps expéditionnaire canadien (CEC), en tant que simple soldat. Le bataillon fut envoyé outremer et arriva en Grande-Bretagne, en 1916. Le 81ème bataillon fut dissous pour libérer des renforts à destination d’unités en France qui avaient subi de lourdes pertes. G.T. LYALL fut l’un des 350 soldats qui rejoignirent en renfort le 4ème Bataillon canadien de fusiliers à cheval, après que cette unité ait été décimée, le 2 juin 1916, au bois du Sanctuaire, en Belgique.  
G.T. LYALL combattit à la bataille de la Somme, en septembre 1916, et à la bataille d’Arras, en 1917. Il sortit rapidement du rang et fut successivement promu caporal puis sergent. Il fut promu sur-le-champ de bataille et envoyé en Grande-Bretagne pour suivre une formation d’officier. Après l’avoir terminée, G.T. LYALL rejoignit le 102ème bataillon du CEC, en tant que lieutenant, se battant à Ypres, en 1917, et à la bataille d’Amiens, en 1918. Au cours de ses combats, G.T. LYALL fut blessé plusieurs fois : au shrapnel à Pozières, en 1916, à Passchendale, en 1917, et au gaz moutarde près de Lens, en 1918.  
 
En septembre 1918, le Corps d’armée canadien – dans lequel servait G.T. LYALL – reçut pour mission d’ouvrir une brèche dans la Ligne Hindenburg sur le Canal du Nord, dans le cadre de l’offensive pour capturer Cambrai. Le 27 septembre et le 1er octobre 1918, au bois de Bourlon et à Blécourt, G.T. LYALL conduisit son peloton et plus tard, une compagnie plus petite, à la rencontre de l’ennemi, faisant preuve d’une bravoure exceptionnelle et d’un remarquable sens du commandement, infligeant à l’ennemi de lourdes pertes et capturant 182 prisonniers, 26 mitrailleuses et un canon de campagne. « Pour avoir ostensiblement fait preuve de sa capacité de commandement pendant les opérations au nord de Cambrai », G.T. LYALL reçut la Victoria Cross, la plus prestigieuse décoration de l’Empire britannique pour des actes de bravoure, de sacrifice de soi et de sens du devoir en présence de l’ennemi.  
Voici la citation parue dans la London Gazette du 14 décembre 1918 :  
Pour avoir ostensiblement fait preuve de sa capacité de commandement pendant les opérations au nord de Cambrai.  
Le 27 septembre 1918, en menant son peloton vers le bois de Bourlon, il rendit un inestimable service à la compagnie de tête qui était retenue par une position fortifiée qu’il captura par un mouvement de contournement, capturant treize prisonniers, un canon de campagne et quatre mitrailleuses. Plus tard, son peloton, à présent grandement affaibli par ses pertes, fut retenu par quatre mitrailleuses à l’extrémité sud du bois de Bourlon. Rassemblant tous les hommes disponibles, il les conduisit en direction de la position fortifiée et, seul, se jeta en avant et chargea la position, tuant d’une seule main l’officier commandant la position, capturant par la même quarante-cinq prisonniers et cinq mitrailleuses. Ayant atteint son objectif final, il consolida sa position en faisant encore quarante-sept prisonniers, protégeant ainsi les survivants de sa compagnie.  
Le 1er octobre, dans le voisinage de Blécourt, à la tête d’une compagnie affaiblie, il réussit par d’habiles dispositions, à s’emparer d’une position fortement défendue, de quatre-vingts prisonniers et de dix-sept mitrailleuses. Au cours des deux jours d’opérations, le lieutenant Lyall captura dans les trois postes, 182 hommes de troupe et sous-officiers, vingt-six mitrailleuses, et un canon de campagne, sans compter les lourdes pertes infligées à l’ennemi. Il a fait preuve pendant toutes ces opérations de la plus grande bravoure et de grandes capacités de commandement.  
 
Le roi George V décora G.T. LYALL de la Croix de Victoria à Buckingham Palace, le 1 mars 1919.  
 
Après la Première Guerre mondiale, G.T. LYALL retourna en Grande-Bretagne et épousa Elizabeth (Elsie) Moffat Frew, le 24 avril 1919. Ils s’établirent à Airdie, en Écosse, où G.T. LYALL devint directeur général de la société de construction Aerocrete (Scotland) Limited. Tout en occupant son poste dans le civil, G.T. LYALL continua de servir dans la British Territorial Army, en tant que capitaine dans le Royal Engineers. En 1921, il devint officier de réserve de la British Territorial Army.  
 
En 1939, au début de la Deuxième Guerre mondiale, G.T. LYALL fut promu au grade de major, et prit le commandement de la 3ème AA Division Workshop Company, Royal Army Ordnance Corps (TA). Après avoir été promu lieutenant-colonel, G.T. LYALL reprit du service actif et fut envoyé en Afrique du Nord. Il fut promut au grade de colonel et il fut chargé du commandement des 87èmes lignes de communications de la sous-région de la Huitième armée, avant de succomber d’une maladie cardiaque, le 28 novembre 1941.  
G.T. LYALL est enterré au cimetière d’Halfaya Sollum, sur la route côtière de Mersa Matruh, près de la frontière libyenne.  
 
En 2002, le Royal Electrical and Mechanical Engineers Museum of Technology de Reading, en Angleterre, accepta les médailles de G.T. LYALL, dans le cadre d’un accord de prêt à long terme consenti par sa famille. Parmi ces médailles figurent la Croix de Victoria, la Médaille de guerre britannique (1914-1920), la Médaille de la victoire (1914-1919), l’Étoile 1939-1945, l’ Étoile d’Afrique, la Médaille de guerre (1939-1945), la Médaille du Couronnement du roi George V (1911) et la Médaille du Couronnement du roi George VI de 1937.  
 
La Fondation du patrimoine ontarien tient à remercier sincèrement le lieutenant-colonel William A. Smy, OMM, CD, UE, de ses recherches dans le cadre de la rédaction du présent document.  
© Fondation du patrimoine ontarien, 2005  
 
 
 
 
II. Lieutenant SAMUEL LEWIS HONEY 
 
Il est né à Comm, Ontario en 1894 fils du Reverand George Edward Honey and de Metta Blaisdell. 
Il était instituteur lorsqu’il a répondu à l’appel aux armes. 
 
Il a rejoint l’armée le 22 janvier 1915. Il a obtenu la médaille militaire le 22 février 1917 alors qu’avec son peloton il attaquait des tranchées allemandes sous un lourd feu de grenades. 
Il a aussi combattu à Vimy où il a gagné la médaille de Leadership pour sa façon de maintenir le moral des troupes. 
 
A 24 ans, il est un lieutenant du 78e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien lorsqu’il obtient le 27 septembre 1918, la Victoria Cross au Bois de Bourlon. 
« Après que tous ses chefs soient dans l’incapacité de commander, il prit le commandement des troupes et poursuivit l’attaque pour atteindre l’objectif. 
Lorsque sa compagnie se trouva sous un tir d’enfilade, il fit lui-même une reconnaissance et localisa le nid de mitrailleuse. Il fit 10 prisonniers et récupéra les armes. Plus tard, après avoir repoussé des contre-attaques ennemies, il prit un autre nid de mitrailleuses. Il continua à diriger son bataillon avec beaucoup d’audace et de courage.  
Il mourut de ses blessures le dernier jour de l’attaque de son bataillon. » 
 
Le roi Georges V lui a décerné la Croix de Victoria à titre posthume. 
Samuel Lewis Honey est enterré au cimetière de Quéant dans le Pas de Calais. 
 
 
 
 
III. Lieutenant GEORGE FRASER KERR 
 
Victoria Cross à Bourlon le 27 septembre 1918 
 
Source © Fondation du patrimoine ontarien, 1973, 2001  
 
Né à Deseronto le 8 juin 1895, George Fraser Kerr était le fils de John James Kerr, qui dirigeait une mercerie dans la ville, et d’Isabell Fraser. George commença ses études à Deseronto mais lorsqu’il eut environ huit ans, la famille déménagea à Toronto.  
 
Lorsque la Première Guerre mondiale éclata en 1914, Kerr venait tout juste de terminer ses études et travaillait dans une banque. Il décida rapidement de se porter volontaire et, le 22 septembre, s’enrôla comme soldat au sein du 3e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien à Valcartier, au Québec. Deux semaines plus tard, il s’embarquait pour la Bretagne. Après une période intensive d’entraînement, il arriva en France, le 11 février 1915.  
 
Son esprit d’initiative et ses qualités de leadership lui valurent de se faire remarquer par ses officiers et, le 9 février 1916, il reçut sa première promotion et devint caporal. En juin de la même année, en batterie au Mont Sorrel, sur le saillant d’Ypres, il se mérita la Médaille militaire. Le Mont Sorrel était une position de progression importante qui permit aux troupes canadiennes d’observer les tranchées ennemies. Les Allemands gagnèrent la position le 2 juin mais, onze jours plus tard, les Canadiens la reprirent, suite à un bombardement massif d’artillerie. Cette action fut la première attaque en force planifiée délibérément par les troupes canadiennes et elle s’avéra un véritable succès.  
Les Canadiens restèrent sur le saillant d’Ypres jusqu’au mois de septembre. Plusieurs tentatives infructueuses de reprise du terrain perdu furent effectuées par les Allemands. Pendant l’une de ces attaques, Kerr fut gravement blessé et, le 31 juillet, il fut rapatrié en Angleterre.  
Il fallut plus d’un an avant que Kerr ne retourne en France pour servir dans les forces. Entre temps, il fut promu au grade de lieutenant temporaire, 12e Bataillon de réserve. En France, il se ré-enrôla dans son ancienne unité, le 3e Bataillon.  
 
Le courage et l’initiative qu’avait démontrés Kerr au Mont Sorrel se manifestèrent encore une fois lors des événements de l’année qui allait suivre. Il reçut cinq médailles et décorations de plus, dont la Croix militaire, une barrette de médaille à sa croix et la Croix de Victoria.  
 
La Croix militaire lui fut décernée pour le « courage exceptionnel et le dévouement au service » dont il fit montre pendant l’offensive réussie des Alliés à Amiens, au mois d’août 1918. Pendant une attaque des lignes allemandes, il découvrit une brèche dans les lignes des Alliés qui s’avançaient. Avec sa section, il combla rapidement cette brèche et démantela un nid de mitrailleuses ennemies, tuant environ trente hommes et s’appropriant une batterie de fusils de 77 mm. Plus tard, il combla encore une fois une brèche laissée par l’ennemi et il s’avança avec les troupes. Malgré le fait qu’il ait été blessé, il continua pour atteindre son objectif final, rasant un autre nid de mitrailleuses contenant deux mitrailleuses, sur le chemin. Pendant les deux journées qui suivirent, il continua à servir sur la ligne et refusa de partir, malgré ses blessures.  
Pendant sa convalescence dans un hôpital derrière les lignes, il eut vent de l’attaque imminente au Canal du Nord et au Bois de Bourlon. Son unité allait y participer et Kerr décida qu’il se devait d’être présent. Malgré un certificat médical indiquant qu’il n’était pas apte à servir, il sortit de l’hôpital et rejoignit son unité au front.  
 
Pendant le combat qui suivit, Kerr se mérita une barrette de médaille à sa Croix militaire et, le 27 septembre, il reçut la plus haute décoration de bravoure de l’Empire britannique : la Croix de Victoria. Pendant les opérations du Bois de Bourlon, il était à la tête de la compagnie d’appui gauche pendant l’attaque. Sa « bravoure et son leadership exceptionnels » furent décrits dans la citation suivante :  
Il a mené sa compagnie avec beaucoup d’habileté et a offert un appui opportun en débordant une mitrailleuse qui entravait l’avancée. Plus tard, près de la route d’Arras- Cambrai, l’avancée fut encore une fois jugulée par un point fort. Le lieutenant Kerr, loin à l’avant de sa compagnie, attaqua ce point seul et captura quatre mitrailleuses et trente-et-un prisonniers.  
 
Le service distingué de Kerr dans les rangs du Corps expéditionnaire canadien prit fin le 16 juillet 1919. Il retourna au pays comme l’un des soldats les plus décorés du Canada.  
 
Après la guerre, Kerr fut embauché comme gérant chez Lewis, Lazarus and Sons, fournisseurs de métal à Toronto. Il fut actif dans la milice et promu au grade de capitaine, Régiment de Toronto, le 1er mars 1921.  
 
Kerr mourut le 8 décembre 1929. Dans un éditorial, The Globe écrivit ce qui suit sur son passé dans les forces armées :  
De l’héroïsme du plus haut calibre. Et ce héros n’était guère plus qu’un garçon, mais d’un cœur courageux et d’un esprit vif. Il semblerait qu’il soit né avec un génie militaire; il était naturellement courageux; et outre ces admirables qualités, il faisait preuve d’une modestie innée et ne voulait pas que l’on parle de ses actes de bravoure.  
 
Kerr a été enterré avec les honneurs militaires distingués dans le cimetière de Mount Pleasant, à Toronto.  
 
 
© Fondation du patrimoine ontarien, 1973, 2001