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Ligne de chemin de fer 




 


1. Les origines de la voie 
Extrait du mémoire concernant l’avant projet du chemin de fer de Marquion à Cambrai 
Le chemin de fer allant de Boisleux à Marquion est né au terme du traité conclu le 18 septembre 1873 entre M. le Préfet du Pas-de-Calais et messieurs Louis Démiantte, fabricant de sucre à St Léger, Charles Dubuisson, distillateur demeurant à Inchy et Alfred Tramnin, Fabricant de sucre demeurant au Raquet près de Douai. La ligne fut concédée en 1874 et son tracé définitif a été défini entre 1875 et 1878. Le chemin de fer passait par différentes villes et on retrouvait des gares à Boisleux-au-Mont, Boyelles, Saint-Léger, Croisilles, Ecoust-Saint-Mein, Quéant, Inchy et Marquion. Lorsque la ligne fut prolongée jusqu’à Cambrai 23 ans plus tard (en 1897), les gares de Bourlon et Fontaine-Notre-Dame furent construites à leur tour.  
La ligne Boisleux - Marquion faisait ainsi partie d’un ensemble privé de quatre lignes (et autant de compagnies) connectées entre-elles par des gares d’échanges (comme Quéant, Frémicourt ou Vélu-Bertincourt). Il s’agissait de l’ensemble privé à voie normale (écartement entre les rails de 1,435 m) le plus grand de la région Nord-Pas-de-Calais.  
La ligne a connu une exploitation importante dans le transport de voyageurs et de marchandises. En 1914, l’exploitation fut suspendue à cause de la Première Guerre mondiale. Le repli des troupes allemandes en 1917 permit aux alliés de récupérer les lignes qui étaient grandement détériorées. Les concessions furent reprises par le Département du Pas-de-Calais qui les confia en régie à leurs anciens exploitants. 
En 1930, la compagnie de la ligne Boisleux – Marquion et les trois autres qui y étaient reliées formèrent la « Compagnie Générale des Voies Ferrées d’Intérêt Local » : la CGL. Celle-ci fut reprise en 1961 par la Régie départementale des transports du Pas-de-Calais. Le 15 octobre 1962, le trafic de voyageurs du BMC fut transféré sur route (seulement quatre ans après que les lignes furent électrifiées) et le tronçon Boisleux - Boyelles fut abandonné pour éliminer les frais de la gare commune avec la SNCF de Boisleux. Le 31 décembre 1969, la desserte de marchandises fut totalement supprimée avec l’essor du semi-remorque.
 
2. Les risques de nez à nez sur le « yoyo » 
La ligne Boisleux - Marquion était appelée le « yoyo », certainement à cause du va et vient qu’effectuait le convoi allant dans un sens et dans l’autre de la ligne comme le mouvement que décrit le jouet « yoyo ». 
Dans chacune des gares, les installations permettaient de faire croiser deux trains. Le danger était que deux trains soient envoyés sur la même section de ligne et se retrouvent en face à face. Pour éviter ce genre de problèmes, la sécurité était réglée par la plaque pilote. Sur chaque tronçon, existait une et une seule plaque pilote (plaque de cuivre poinçonnée du nom des gares encadrantes et de forme différente selon les tronçons). Aucun mécanicien ne pouvait s’engager entre deux gares s’il ne possédait pas la plaque pilote. Comme elle était unique, il ne pouvait y avoir qu’un seul train par tronçon. Des dérogations à cette règle étaient accordées lorsqu’il y avait plusieurs trains dans le même sens. Seul le dernier train emportait la plaque. Pour les trains précédents, le chef de gare présentait la plaque au mécanicien et lui remettait un ordre écrit l’autorisant à s’engager sur la voie.
 
3. La ligne Boisleux Marquion Cambrai et la commune de Bourlon 
 
6 novembre 1878 
La ligne de chemin de fer Boisleux – Marquion est en construction. Le Conseil Municipal de Bourlon doit donner son avis sur l’emplacement de la gare de Marquion. 
Les enjeux économiques (charbon, tuiles de Bourlon, …) sont importants et le Conseil souhaite que la gare soit la plus proche possible de Bourlon. 
Ce ne sera pas le cas, la gare devrait se situer entre Baralle et Marquion, dans ces conditions le Conseil ne souhaite plus participer aux frais d’installation de la gare de Marquion. 
 
15 août 1885 
Il est question de poursuivre la ligne de chemin de fer Boisleux – Marquion jusqu’à Cambrai. 
Dans un premier temps il est envisagé de relier Cambrai par Aubigny au Bac.  
Le Conseil reconnaît l’intérêt que ceci peut représenter en particulier pour les voyageurs mais la Commune de Bourlon n’a pas grand intérêt à en retirer. Le Conseil donne un avis favorable mais refuse de s’engager pécuniairement pour ce projet. 
 
29 juin 1890 
Plusieurs avants projets sont présentés pour poursuivre la ligne de chemin de fer Boisleux- Marquion jusqu’à Cambrai. 
Un projet inclus un prolongement par Aubigny au Bac, un autre par Bourlon. 
Le Conseil décide alors de donner une subvention importante 45 000 F afin d’appuyer le choix du second projet. 
 
1893 
M. de FRANCQUEVILLE prend l’engagement d’une subvention particulière de 20 000 F en faveur du chemin de fer Marquion – Cambrai. La tuilerie mécanique de Bourlon de M. D. HORNEZ y prend part pour une somme de 485F60. 
Cette somme versée à la Caisse des Dépôts et Consignations sera versée dans la Caisse départementale un an après la mise en exploitation du chemin de fer. 
 
14 juin 1898 
Le chemin de fer Boisleux Marquion sera prolongé jusqu’à Cambrai en passant par Bourlon, il faut maintenant céder à la Compagnie du chemin de fer les terrains nécessaires à l’établissement de la voie. 
 
30 août 1898 
Approbation de l’emplacement de la gare de Bourlon proposé par les concessionnaires 
 
21 décembre 1899 
Arrêté préfectoral autorisant la mise en service de la ligne de chemin de fer Marquion – Cambrai 
 
30 mai 1908 
Le Conseil Municipal fait savoir à la Compagnie de chemin de fer que les nouveaux horaires sont très insatisfaisants et que dès lors la Commune n’a plus aucun avantage à retirer. Au vu les sacrifices que la Commune s’est imposée pour avoir cette gare elle demande au Conseil d’Administration de rétablir les anciens horaires. 
 
1ère guerre mondiale 
Bourlon fut entièrement détruit par les bombardements. 
La gare ne fut pas épargnée. 
Lors des combats de la Bataille de Cambrai en novembre 1917, ne nombreux chars furent détruits ou endommagés dans le village et son bois. 
Les Allemands récupérèrent ceux qui étaient en état de marche. Ils furent chargés sur des wagons et partirent de la gare de Bourlon. 
 
8 novembre 1924 
En attendant la reconstruction de la gare. Le Conseil demande que soit construit un abri provisoire. 
 
14 octobre 1962 
Le dernier train fait ses adieux. 
 
20 janvier 1966 
La commune se porte acquéreur des terrains ayant appartenus à la Compagnie du chemin de fer. Le démontage des rails est alors en cours d’achèvement.  
 
21 mars 1966 
La Commune s’étant porté acquéreur de l’ensemble des terrains de la Compagnie de chemin de fer se situant sur le territoire de Bourlon, estime que le ballast présent sur l’ancienne voie doit lui être laissé prioritairement. Il demande au Préfet de faire en sorte que ce ballast ne soit plus retiré et que la Commune puisse en bénéficier afin d’entretenir ses chemins ruraux. 
 
18 avril 1977 
La gare doit être détruite pour permettre l’implantation du futur lotissement Pomone. La toiture sera vendue au plus offrant. 
 
 
4. La voie de chemin de fer aujourd’hui 
Son empreinte reste gravée dans le paysage. 
Un pont sur l’actuel chemin de randonnée « Autour de Bourlon » est toujours visible. 
Une partie de la voie de chemin de fer à été réhabilité en 2002 par la plantation de 600 arbustes.