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                             27 septembre 1918 
Bataille du Canal du Nord – Libération de Bourlon 






1.Les Cents jours du Canada 

L’offensive du Canal du Nord fait partie intégrante de la période appelée « Les cents jours du Canada » (du 8 août au 11 novembre 1918). 

La tactique utilisée est différente de celle des années précédentes : plus de percées stratégiques mais des attaques coordonnées se succédant à courts intervalles sur différents secteurs du front. 

Le 8 août
: les troupes canadiennes percent le front à Amiens. Ludendorff dira alors qu’il s’agit du « jour de deuil » de l’armée allemande. Ses troupes perdent 27 000 hommes. Après cette défaite, de nombreux soldats démoralisés se rendront. Les Allemands se retirent sur une ligne partant de la Somme, au sud, puis longeant le canal du Nord et la ligne Drocourt-Quéant. Après cette victoire, le corps canadien est rapatrié dans la région d’Arras et reçoit l’ordre de battre en brèche la ligne Hindenburg, principal système défensif des Allemands. 

Le 31 août
: le corps australien repousse les Allemands au-delà de la Somme. 
Le 2 septembre : le corps canadien, rompt la ligne Drocourt-Quéant. Lors de cette bataille acharnée ayant débuté le 26 août, le corps canadien perd 11 000 hommes. 
Ludendorff ordonne alors le repli sur la ligne Hindenburg. 
Le 27 septembre : deux armées françaises, 5 armées britanniques, 1 armée belge et deux divisions américaines attaqueront la ligne Hindenburg entre Epehy et St Quentin. 

Le 27 septembre
: le corps canadien franchit le canal du Nord et prend le bois de Bourlon. Par la suite, l’armée canadienne prendra Cambrai, Denain, Valenciennes et Mons, puis avancera jusqu’au Rhin avec les Alliés victorieux.  
 


2.Le franchissement du canal du Nord et la prise du bois de Bourlon 
Les 1e et 3e armées britanniques se trouvent à l’ouest de Cambrai. 
Objectifs assignés au Corps canadien, commandé par Sir Arthur Currie : franchir le canal du Nord et prendre le bois de Bourlon puis faire avancer le front jusqu’à Cambrai dernier grand centre de ravitaillement de l’armée allemande. 
 
1. La zone de bataille
2. Les défenses allemandes
3. Le plan 
4.Les troupes engagées
5. Chronologie de la bataille du Canal du Nord


1. La zone de bataille :
Du canal du Nord à l’est jusque Cambrai à l’ouest. 
La région comprend un vaste système de canaux (canal du nord, canal de la Sensée, canal de l’Escaut). La construction du Canal du Nord, large de 35 m, avait été interrompue pendant la guerre, les Allemands avaient inondé le terres déjà marécageuses ne laissant qu’un étroit passage à sec, vers le sud du canal du Nord, d’environ 4 000 m entre Sains-lez-Marquion et Mœuvres.  
1er obstacle : franchir le canal. 
2nd obstacle : prendre le bois de Bourlon et les terres vers le nord. 
 
2. Les défenses allemandes :
A l’est du canal de nombreux postes de mitrailleuses plus des défenses dans des abris naturels voisins. 
Entre le canal et Cambrai deux lignes de défenses allemandes importantes sont à percer : à moins de deux kilomètres du canal la ligne Marquion puis environ 3000 yards avant Cambrai la ligne Marcoing.  
 
3. Le plan :
Le corps canadien, sous les ordres de Sir Arthur Currie, doit franchir le canal du Nord, dans sa partie sèche entre Sains-lez-Marquion et Mœuvres.  
L’opération n’est pas sans risque puisqu’il s’agit de faire passer tout le corps par un étroit passage avant de pouvoir déployer les 4 divisions. 
- 1er objectif : le corps canadien et une division britannique doivent se frayer un passage dans l’étroite partie sèche du canal, puis élargir le front sur la ligne rouge. 
- 2nd objectif : atteindre la ligne verte et le bois de Bourlon (position défensive ennemie importante) 
- 3e objectif : la prise du bois de Bourlon et la capture de la ligne bleue. 
- 4e objectif : les troupes canadiennes contourneront Cambrai par le Nord, pour faire leur jonction avec les troupes britanniques, qui contourneront Cambrai par le sud, avant de prendre la ville. 
 
4. Les troupes engagées :
Pour ces opérations, 118 194 soldats, incluant les unités attachées sont impliqués. Les troupes d’assaut direct représentent moins de la moitié des 98 790 canadiens de ce corps d’armée. C’est dire l’importance des rôles des différentes autres unités :  
- Les troupes d’artillerie qui devaient se relayer pour assurer un tir de barrage ininterrompu à mesure de l’avance des troupes d’infanterie. 
- Le génie qui devait suivre immédiatement pour construire des ponts et trottoirs flottants pour la traversée de la partie du canal remplie d’eau, qui devait assurer la construction et la réparation des voies de chemin de fer, … 
- Les blindés (ici ce sont les chars du 7e bataillon qui interviendront. 4 chars seront affectés à chaque unité d’infanterie) : très utiles pour leurs tirs de canons, mais aussi pour écraser les barbelés, réduire des nids de mitrailleuses, créer des écrans de fumée pour aveugler l’ennemi (grâce à des fumigènes branchés sur leurs pots d’échappement). 
- Les unités médicales pour le traitement des blessés… 
- Les unités vétérinaires pour les chevaux… 
- Les unités pour la livraison du matériel… 
- Les unités de renseignement qui devaient être rapides et efficaces. Elles devaient permettre de coordonner les différentes actions (en effet comment l’artillerie aurait-elle réglé son tir de barrage sans connaître les détails de l’avancée de l’infanterie !). 
 
5. Chronologie de la bataille du canal du Nord 
26 septembre :  
Le soir venu les troupes avancent pour s’entasser près de l’étroit passage à sec entre Sains-lez-Marquion et Mœuvres.  
 
27 septembre : 
- 5 h 20, heure H : le barrage d’artillerie se met en place. C’est le barrage le plus intense organisé en une seule journée pendant la guerre : 126 obus par minute pour 500 m de tranchées soit 50 000 obus par 500 m de front ! 
- La 1e division (major général Mac Donnell) traverse le canal (comme il est très étroit seulement 3 brigades : 2 d’infanterie sur le flanc gauche et seulement 1 sur le flanc droit). Elle est immédiatement suivie par l’artillerie de campagne et les sapeurs qui doivent construire les ponts. Une fois le canal traversé, la ligne de front doit être élargie en un éclair de 2 600 à 15 000 mètres (ligne rouge)  
- Aux premières lueurs de l’aube, la ligne verte est atteinte 
- 9 h 45 : la 4e division (major général Watson) traverse les rangs de la 1e, et entrent dans la partie sud du village de Bourlon.  
- 14 h : le bois de Bourlon est pris et la ligne bleue est atteinte. 
- Les 1e et 4e divisions canadiennes et la 11e division britannique poursuivent l’attaque laissant la 15e brigade d’infanterie occuper le territoire conquis. 
- 20 h : la ligne Marcoing est prise. 
- Bilan de la journée : succès total. Le front a avancé de près de 8500 m. 
 
28 septembre – 1er octobre :  
- Les 1e et 4e divisions devaient continuer à avancer sur Cambrai appuyées par la 3e division (major général Loomis). Mais celles-ci sont arrêtées par des réseaux de fil de fer barbelés non repérés face à la route de Douai. Les divisions subissent de lourdes pertes mais continuent à avancer vers leurs objectifs intermédiaires : les ponts sur le canal de l’Escaut et établir un front uni jusqu’au canal de la Sensée. 
- Bilan : de nombreuses difficultés, de nombreuses pertes, peu d’avancées 
 
2 octobre – 7 octobre :  
Au soir du premier octobre devant les difficultés rencontrées et les lourdes pertes. Les troupes reçoivent l’ordre de se regrouper, de se réorganiser et de se reposer avant de reprendre leur avance vers Cambrai. 
 
8 – 9 octobre :  
- 1 h 30 : La 2e division (major général Burstall) franchit un pont hâtivement jeté sur l’Escaut sans attendre les troupes britanniques et progressent vers Cambrai. 
- Peu après la 3e division établit des têtes de ponts dans la bordure Est de Cambrai. 
- Les troupes britanniques rejoignent la 2e division, au Nord-Est de Cambrai puis prennent la ville. 
- Bilan : Le 9 octobre au soir, Cambrai est prise et les territoires avoisinants sont sécurisés. 
 
11 octobre, à 17h, Currie passe le commandement de ses troupes au 22e corps d’armée britannique. 
Les pertes canadiennes s’élèvent à 20% des effectifs soit 13 672 hommes. 

3.Trois Victoria Cross décernées à Bourlon
     Lieutenant GRAHAM THOMSON LYALL
     Lieutenant GEORGE FRASER KERR
     Lieutenant SAMUEL LEWIS HONEY