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1. Généralités 
Bourlon fut occupé dès le début de la guerre. 
Les premiers allemands à entrer dans le village furent deux uhlans qui arrivèrent de la route d’Arras. 
Dès leur arrivée, ils fouillèrent toutes les maisons à la recherche d’éventuels déserteurs ou soldats cachés. 

     a. La vie de tous les jours 
Chaque famille du village devait loger au moins un soldat allemand dans des conditions décantes. Ceci voulait dire, entre autres, qu’il devait avoir son propre lit : s’il n’y en avait qu’un dans la maison, les logeurs coucheraient par terre. 
Dès lors, tous les déplacements sont interdits. Impossibilité de se rendre d’un village à un autre. Seuls les enfants pouvaient encore « voyager », ce sont eux qui le plus souvent allaient chercher ou donner des nouvelles. 
Les hommes restant (à partir de 12 ans) sont réquisitionnés pour divers travaux : travaux des champs mais aussi creusement des tranchées de la ligne Hindenburg. 
La vie est réglementée par l’autorité d’occupation qui gère et surveille tout. Des affiches sont régulièrement placardées sur les murs. 
Au début de la guerre, le village de Bourlon se situe loin en arrière du front : la vie pour les allemands y est tranquille. Le château du comte de Francqueville sera réquisitionné et servira d’hôpital de convalescence pour les soldats blessés. 
 
     b. Les otages civils 
Pour éviter les mouvements de « grogne » et surtout éviter le « terrorisme » puisque tout acte de sabotage était considéré par les allemands comme acte de terrorisme, des otages civils sont envoyés en Allemagne. C’est ainsi que le maire de Bourlon, Roger de Francqueville fera parti des premiers otages. En effet, ceux-ci, sont « remplacés » régulièrement. 
Si la population « bouge », les otages seront fusillés !!! 
 
     c. Les Réquisitions 
L’occupation s’est aussi les réquisitions qui ne devaient avoir lieu « que pour les besoins de l’armée d’occupation » mais suite à la mise en place du blocus par les Alliés, la pénurie s’installe en Allemagne. 
L’armée puise donc dans les ressources des pays occupés bien au-delà des besoins de l’armée d’occupation. 
         • Le Foin :  
Seuls les Allemands ont le droit de pénétrer dans les pâturages.  
La récolte de foin se fait sous la responsabilité des Maires qui doivent se débrouiller pour trouver le personnel nécessaire. Travailler les dimanches et jours fériés est obligatoire tant que la récolte n’est pas terminée. 
          • Les pommes de terre 
Elles sont totalement réquisitionnées qu’il s’agisse des pommes de terre cultivées dans les champs ou dans les potagers. Sur la récolte une partie seulement sera redistribuée à la population.  
          • Les poules 
Elles sont recensées et chaque propriétaire doit les nourrir suffisamment pour qu’elles puissent pondre. 
La production d’œufs est elle aussi réquisitionnée en partie :  
Les propriétaires de poules doivent fournir, par jour, 1 œuf pour 3 poules. 
Les peines encourues par ceux « qui ne feraient pas pondre leurs poules » sont :  
- confiscation de toute la volaille 
- 3 ans de prison 
- jusqu’à 6 000 marks d’amende 
          • Le blé 
La totalité de la production est réquisitionnée. Tout comme pour le foin la récolte se fait sous la responsabilité des Maires qui doivent se débrouiller pour trouver le personnel nécessaire. Travailler les dimanches et jours fériés est obligatoire tant que la récolte n’est pas terminée. 
Celle-ci doit être régulièrement pesée et enregistrée… Le battage se fait sous surveillance et la nuit, la surveillance est assurée par la police militaire. Tout est fait pour éviter la fraude et le détournement de la récolte.  
          • Les biens d’équipement 
Même si normalement ils n’auraient pas du être réquisitionné, ils le seront… 
La liste ci-dessous, reprend les différentes réquisitions réalisées à Bourlon. 

Das Kupfer ->  le cuivre                                          Das Messig ->  le laiton 
Die Bronze ->  le bronze                                          Des Guss ->  la fonte  
Das Zinn ->  l’étain                                                  Das Zink ->  le zinc 
Kasserollen ->  casserole                                        Kessel ->  bouilloire 
Bierpumpen ->  tireuse de bière                               Röhre ->  tuyaux 
Wacschalen ->  cuvette                                           Gewicht ->  poids 
Masse ->  mesure                                                   Blech ->  tôle 
Bierleitungen ->  tuyauterie de bière                         Hâhne ->   robinet  
 
     d. L’évacuation
A partir de 1916, le front se rapproche et les bombes commencent à tomber sur le village. 
En 1916, les allemands feront exploser le clocher du village pour éviter que les artilleurs alliés ne s’en servent de repère pour régler leur tir d’artillerie. 
Mais, l’avancée des alliés se poursuit : la population sera évacuée le 16 avril 1917. Direction Cambrai où les habitants sont logés dans les maisons laissées vides par leurs propriétaires. 
Septembre 1918, Cambrai est à son évacuée. La direction prise est celle de Valenciennes puis celle de la Belgique. 
Les premiers habitants de retour à Bourlon en 1919 trouveront un village totalement en ruines. Seules trois maisons sont intactes. 
 
2. L’occupation à travers les Conseils Municipaux 
 
4 août 1914 
Achat de 70 quintaux de farine, correspondant à l’approvisionnement des boulangers pendant deux mois. 
Constitution de la liste des personnes privées de leur soutien (il leur sera délivré 1, 2 ou 3 pains par semaine). 

18 février 1915 
En l’absence du Maire et de l’Adjoint, M. Charles Goguillon remplira les fonctions de Maire. 
Vu « l’état de siège », le Maire sera habilité à contracter des emprunts sur particuliers ou à la Chambre de Commerce de Cambrai.
 
28 mars 1915 
Les Maires des communes envahies ont été convoqués par les Autorités Allemandes pour s’entretenir de la question du ravitaillement et du chauffage des habitants. 
La commission intercommunale créée aura pleins pouvoirs pour passer les contrats et payer les livraisons. 

25 avril 1915 
Possibilité d’obtenir par la Chambre de Commerce de Cambrai des livraisons de farine en provenance du Comité de Ravitaillement Hispano-Américain. 
Les autorités allemandes allant donner des ordres précis pour que cette farine ne soit pas réquisitionnée, Bourlon prendra contact avec la Chambre de Commerce de Cambrai. 

7 juillet 1915 
Pour faire face aux difficultés créées par l’absence de monnaie dans les transactions de toutes sortes, la Commune décide l’émission de 30 000 Frs en Bons Communaux. 

23 août 1915 
Emission de 20 000 Frs en Bons Communaux
 
3 décembre 1915 
Emprunts sur particuliers de 3 000 F et à la Chambre de Commerce de Cambrai de 30 000 F

14 mars 1916 
Emissions de 20 000 F en Bons Communaux 
COMPTE RENDU NON SIGNE
 
3 décembre 1915 
Contracter un emprunt auprès de la Chambre de Commerce de Cambrai de 30 000 F en Bons édités par elle. Bons de 1, 2, 5, 10, 20, 50 et 100 Frs remboursables 100 jours après la signature de la paix. 
COMPTE RENDU NON SIGNE
 
7 juin 1916 
Toute personne qui par sa faute aura fait infliger une amende à la commune remboursera après la guerre. 
 
Les Autorités allemandes feront pression plusieurs fois sur les communes afin qu’elles payent telle ou telle somme.  
Mais celles-ci sont déjà beaucoup sollicitées : entretien des troupes d’occupation, réquisitions, … 
Ces pressions se retrouvent dans les registres de Conseils Municipaux. Certaines délibérations devaient être notées dans le registre et parfois un interprète allemand assistait aux réunions 
On notera ainsi que certains compte rendu ne sont pas signés (3 décembre 1915 ; 14 mars 1916 ; 26 juin 1916) et, la non signature du compte-rendu le rend inutile...  
Le 24 juin 1916, la Commune de Bourlon sera mise en demeure de payer un impôt aux autorités allemandes. 
Celle-ci, comme d’autres refusera de payer arguant qu’il n’est plus possible d’émettre de bons communaux, que la Chambre de Commerce de Cambrai demande des garanties qu’il n’est plus possible de fournir et qu’adhérer à un Syndicat de Communes est impossible du fait que la Commune est ruinée et qu’elle ne peut se permettre d’être solidaire de dettes contractées par d’autres communes. Cette opposition passive durera 3 mois. 

 
24 juin 1916 
Mise en demeure par les autorités allemandes de verser un impôt de 86 410 F. 
La Commune de Bourlon déclare se trouver dans l’impossibilité de satisfaire à la demande qui lui est faite. 
1ère Réponse : Non 

26 juin 1916 
La commune a déjà un passif de 450 000 F. Elle ne peut aller plus loin. 
2ème réponse : Non 
Les émissions de Bons Communaux ne sont plus admises par les autorités allemandes 
La Chambre de Commerce de Cambrai exige des garanties qu’il est impossible de lui fournir 
La Chambre de Commerce de Cambrai explique la possibilité d’un Syndicat de Communes de la Région qui aurait possibilité d’émettre des bons de monnaie. La Commune de Bourlon pourrait adhérer à ce Syndicat 
COMPTE RENDU NON SIGNE 

1er juillet 1916 
Il n’y a plus de boulangers professionnels dans la Commune. Le pain n’étant vraiment pas bon il est demandé au Comité de Ravitaillement la possibilité que les gens prennent leur ration pour les cuire eux-mêmes. 
L’Autorité Allemande demande à la Commune de Bourlon d’adhérer au Syndicat de Commune. 
3ème réponse : Non
 
9 juillet 1916 
Le Maire est convoqué à la Kommandantur de St Léger (19 maires présents). Ils doivent payer l’impôt demandé. Ils refusent toujours. Ils doivent se « débrouiller » sinon des mesures pour les contraindre seront prises.
 
11 juillet 1916 
Le Maire réuni le Conseil pour lui donner connaissances des résultats de la réunion de St Léger en présence d’un interprète allemand qui invite de nouveau le conseil à payer. 
4ème Réponse : Non
 
14 juillet 1916 
La Kommandantur de Bourlon invite une nouvelle fois le Conseil à payer 
5ème Réponse : Non  

11 août 1916 
Emprunt de 10 000 F sur particulier (pour les raisons vues précédemment) 

13 août 1916 
L’impôt allemand de 86 500 marks ne correspond pas aux sommes dues et de plus la commune ne peut payer 
L’entretien des armées allemandes a déjà coûté à la Commune plus de 120 000 Frs 
L’autorité allemande quant à elle n’a pas payé le 1/5 des récoltes de 14 et 15 ce qui permettrait à la Commune d’acquitter une partie de la dette 
Encore une fois, la Commune ne peut adhérer à un Syndicat de Commune ne possédant pas les garanties suffisantes. 
6ème Réponse : Non 

11 septembre 1916 
Le Haut Commandement exige que les sommes dues soient payées. Les grandes villes (Lille, Roubaix, Tourcoing, Douai, Valenciennes et Cambrai) payeront pour les communes (en prenant un emprunt à la Société Générale de Belgique). Celles-ci doivent prendre une délibération pour accepter ce paiement. 
7ème Réponse : Acceptation du Conseil 

1 septembre 1916 
Emprunt sur particulier : 600 Frs 

23 novembre 1916 
Emprunt sur particulier : 7 000 Frs 

11 février 1917 
Emprunts sur particuliers de 45 000 Frs pour payer le charbon reçu par l’intermédiaire du Comité d’Alimentation