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Lieutenant George Fraser KERR
Lieutenant GEORGE FRASER KERR  
 
Victoria Cross à Bourlon le 27 septembre 1918  
 
Source © Fondation du patrimoine ontarien, 1973, 2001  
 
Né à Deseronto le 8 juin 1895, George Fraser Kerr était le fils de John James Kerr, qui dirigeait une mercerie dans la ville, et d’Isabell Fraser. George commença ses études à Deseronto mais lorsqu’il eut environ huit ans, la famille déménagea à Toronto.  
 
Lorsque la Première Guerre mondiale éclata en 1914, Kerr venait tout juste de terminer ses études et travaillait dans une banque. Il décida rapidement de se porter volontaire et, le 22 septembre, s’enrôla comme soldat au sein du 3e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien à Valcartier, au Québec. Deux semaines plus tard, il s’embarquait pour la Bretagne. Après une période intensive d’entraînement, il arriva en France, le 11 février 1915.  
 
Son esprit d’initiative et ses qualités de leadership lui valurent de se faire remarquer par ses officiers et, le 9 février 1916, il reçut sa première promotion et devint caporal. En juin de la même année, en batterie au Mont Sorrel, sur le saillant d’Ypres, il se mérita la Médaille militaire. Le Mont Sorrel était une position de progression importante qui permit aux troupes canadiennes d’observer les tranchées ennemies. Les Allemands gagnèrent la position le 2 juin mais, onze jours plus tard, les Canadiens la reprirent, suite à un bombardement massif d’artillerie. Cette action fut la première attaque en force planifiée délibérément par les troupes canadiennes et elle s’avéra un véritable succès.  
Les Canadiens restèrent sur le saillant d’Ypres jusqu’au mois de septembre. Plusieurs tentatives infructueuses de reprise du terrain perdu furent effectuées par les Allemands. Pendant l’une de ces attaques, Kerr fut gravement blessé et, le 31 juillet, il fut rapatrié en Angleterre.  
Il fallut plus d’un an avant que Kerr ne retourne en France pour servir dans les forces. Entre temps, il fut promu au grade de lieutenant temporaire, 12e Bataillon de réserve. En France, il se ré-enrôla dans son ancienne unité, le 3e Bataillon.  
 
Le courage et l’initiative qu’avait démontrés Kerr au Mont Sorrel se manifestèrent encore une fois lors des événements de l’année qui allait suivre. Il reçut cinq médailles et décorations de plus, dont la Croix militaire, une barrette de médaille à sa croix et la Croix de Victoria.  
 
La Croix militaire lui fut décernée pour le « courage exceptionnel et le dévouement au service » dont il fit montre pendant l’offensive réussie des Alliés à Amiens, au mois d’août 1918. Pendant une attaque des lignes allemandes, il découvrit une brèche dans les lignes des Alliés qui s’avançaient. Avec sa section, il combla rapidement cette brèche et démantela un nid de mitrailleuses ennemies, tuant environ trente hommes et s’appropriant une batterie de fusils de 77 mm. Plus tard, il combla encore une fois une brèche laissée par l’ennemi et il s’avança avec les troupes. Malgré le fait qu’il ait été blessé, il continua pour atteindre son objectif final, rasant un autre nid de mitrailleuses contenant deux mitrailleuses, sur le chemin. Pendant les deux journées qui suivirent, il continua à servir sur la ligne et refusa de partir, malgré ses blessures.  
Pendant sa convalescence dans un hôpital derrière les lignes, il eut vent de l’attaque imminente au Canal du Nord et au Bois de Bourlon. Son unité allait y participer et Kerr décida qu’il se devait d’être présent. Malgré un certificat médical indiquant qu’il n’était pas apte à servir, il sortit de l’hôpital et rejoignit son unité au front.  
 
Pendant le combat qui suivit, Kerr se mérita une barrette de médaille à sa Croix militaire et, le 27 septembre, il reçut la plus haute décoration de bravoure de l’Empire britannique : la Croix de Victoria. Pendant les opérations du Bois de Bourlon, il était à la tête de la compagnie d’appui gauche pendant l’attaque. Sa « bravoure et son leadership exceptionnels » furent décrits dans la citation suivante :  
Il a mené sa compagnie avec beaucoup d’habileté et a offert un appui opportun en débordant une mitrailleuse qui entravait l’avancée. Plus tard, près de la route d’Arras- Cambrai, l’avancée fut encore une fois jugulée par un point fort. Le lieutenant Kerr, loin à l’avant de sa compagnie, attaqua ce point seul et captura quatre mitrailleuses et trente-et-un prisonniers.  
 
Le service distingué de Kerr dans les rangs du Corps expéditionnaire canadien prit fin le 16 juillet 1919. Il retourna au pays comme l’un des soldats les plus décorés du Canada.  
 
Après la guerre, Kerr fut embauché comme gérant chez Lewis, Lazarus and Sons, fournisseurs de métal à Toronto. Il fut actif dans la milice et promu au grade de capitaine, Régiment de Toronto, le 1er mars 1921.  
 
Kerr mourut le 8 décembre 1929. Dans un éditorial, The Globe écrivit ce qui suit sur son passé dans les forces armées :  
De l’héroïsme du plus haut calibre. Et ce héros n’était guère plus qu’un garçon, mais d’un cœur courageux et d’un esprit vif. Il semblerait qu’il soit né avec un génie militaire; il était naturellement courageux; et outre ces admirables qualités, il faisait preuve d’une modestie innée et ne voulait pas que l’on parle de ses actes de bravoure.  
 
Kerr a été enterré avec les honneurs militaires distingués dans le cimetière de Mount Pleasant, à Toronto.  
 
 
© Fondation du patrimoine ontarien, 1973, 2001